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Arts psytrance au Hadra Trance Festival : à la rencontre des professionnels de scénographie

Arts psytrance au Hadra Trance Festival : à la rencontre des professionnels de scénographie

Rien ne vaut un dernier dépaysement pour entamer cette rentrée. Derrière les étincelles projetées par le Hadra Trance Festival 2018, nous avons donné la parole aux professionnels de la scénographie. C’est dans ce petit coin vallonné du plan d’eau du Vieure, que scènes et autres structures futuristes ont donné vie à l’événement. Retour les arts psychédéliques qui ont été façonnés à cette édition.

La science-fiction psychédélique au goût de cette nouvelle édition

Comme présenté dernièrement, festival psytrance parmi les plus grands d’Europe, il nous tenait à coeur de parler du travail effectué. De sacrés énergies pour transporter plus de 8000 participants à cette édition. Souvent affilié à la culture « hippie », « ethnique », ou encore « tribale », la culture psytrance favorise en effet divers sujets. Tels qu’un rapprochement à la nature, musiques électroniques telles que la goa, forest, psytrance, progressive, dark tek et autres. Ou bien encore la culture nomade, le mystique, bien-être, ou encore la religion hindouiste. Ainsi ce métissage culturel et ses valeurs sont reflétées au travers d’oeuvres d’arts que ce soit simplement par la peinture, le graphisme, gravure, scénographie, Vjing, mode, cuisine du monde et autres.

Depuis 2016, l’association organisatrice ré-investit l’endroit pour plonger ses participants dans leurs passions et leurs valeurs. Trois professionnels de la scénographie ont accepté de nous en dire plus sur leurs métiers et travaux effectués pour arriver au Hadra Trance Festival. Voici leurs paroles et leurs intérêts pour les arts psytrance.

© Timagin

Massive Main stage avec Locus Pocus Deco

LOFI | Vous avez collaboré avec le Hadra Trance Festival. Que pensez-vous du caractère qui ressort de son public, des organisateurs ?

Locus Pocus Deco : pour nous il s’agit de notre première fois avec le Hadra Trance Festival. S’il y a quelque chose à retenir chez le public français c’est bien leur énergie et motivation pendant le festival, ils y vont à fond ! Nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer le principal auteur de l’événement. Toutefois ce fut le cas avec le manager des artistes et le producteur technique en charge de nous accueillir. Tout ce qu’on a à dire c’est qu’ils ont bien bossé.

Chaque année il y a un nouveau thème au Hadra Trance Festival. Parlez-nous de votre travail à ce sujet. Vous avez choisi la couleur bleu en majorité dans vos décorations pour le Temple, pourquoi ? Aviez-vous une idée particulière derrière cette décision ?

L’artist manager Pierro et donc le producteur technique Dennis étaient les gestionnaires et décideurs pour la scénographie du Hadra. Ils nous ont contactés et nous ont demandés une structure spécifique relative au « Crystal bleu ». Nous avions ce qu’il fallait avec les parfaites dimensions et les bons éléments pour mettre en scène leur projet.

Locus Pocus Deco, un as international de la scénographie

Quels challenges relevez-vous fréquemment ? Quels ont été vos plus grands plaisirs de travailler avec le Hadra Trance Festival ?

Locus Pocus Deco a démarré à Ibiza, par la décoration psytrance dans des raves en forêts. Nous avons toujours été prêts à relever des défis. Par la suite nous avons grandi, collaboré pour de plus en plus gros événements. Jusqu’à ce que nous décidions de partir à Amsterdam. C’est à cet endroit que le groupe a commencé à travailler et à s’ouvrir pour un plus large panel de genres de musiques.

A l’heure actuelle, Locus Pocus Deco oeuvre autant pour des scènes très underground au commercial. Allant de la Hardcore, Psytrance, Techno, House et toutes leurs variantes. Concevant de petits objets pour des grands open air aux formes d’immenses structures, canopées ou podiums. On est toujours partant pour défier n’importe quel challenge. A tout moment avec la même énergie et détermination. Pour nous le plus grand plaisir en allant au Hadra Trance Festival aura été de participer à garder et mettre en lumière ce bel esprit des festivals Psytrance.

© Timagin

Combien étiez-vous à vous rendre et agir pour le Hadra Trance Festival ?

Depuis cet été nous n’avons pas beaucoup arrêté, seul deux d’entre nous ont pu venir. Toutefois de bons amis français nous ont rejoint et aidé pour les étapes de construction au festival.

Quels ont été les différents métiers réunis pour réaliser la Main stage ?

Nous avons été diverses équipes engagées pour la Main stage. L’une regroupait les gréeurs en charge de la structure pour la scène (où les artistes se produisaient). Ainsi que la structure pour la canopée « Cristal Bleu ». Une autre était spécialisée pour les lumières et effets spéciaux, une troisième pour le mapping vidéo, une quatrième pour la décoration, etc. Nous n’oublierons pas de mentionner tous les bénévoles qui ont fait de leur mieux pour contribuer au travail investi.

Vjing à la scène alternative avec The Hybrid Project

Mathieu de The Hybrid Project (une équipe de divers pros qui composent ensemble) nous échange qu’en général son parcours s’est orienté vers l’animation 3D. Puis la programmation et le développement de logiciels. Son intérêt pour les festivals, leurs décorations, scénographies a grandi. Ainsi il s’est par la suite focalisé vers le mapping, projections diverses. Par conséquent passer de la conception d’images et animations 3D à la projection dans le réel. Leurs scénographies sont en perpétuelle collaboration avec Thomas de Fluofreax, designer en bureau d’études. Il a pour vocation de toujours répondre à des commandes et projets sur-mesures. Résultat : précision et jolis décors dignes, d’une imprimante 3D et rayonnement dans toute la France.

Quant à The Hybrid Project, la troupe rassemble de multiples professionnels tournés autour du VJING. Spécialisés autant dans les leds, que lasers, dessin etc. Cela fait 3 ans que le collectif pratique.

Fort de son succès

Ils tournent autant dans les festivals psytrance et bass music en France qu’à l’étranger (Hadra, Dream Nation, ModeM …). Comme l’explique habilement Romuald Beugnon, on peut présenter l’activité du VJING ainsi :

Un DJ est un disc-jockey, il peut, suivant les cas, se contenter de passer des disques en les enchaînant habilement, remixer des morceaux existants ou, même, improviser sa propre musique en direct. Un VJ est un video-jockey ou un visual-jockey, il peut, suivant les cas, se contenter de diffuser des clips musicaux en les enchaînant habilement, remixer des images existantes ou, même, improviser ses propres films en direct.

Au Hadra cette année, tout s’est bien passé. Le groupe s’est occupé de concevoir et monter la scène alternative. Première fois que le travail s’est effectué aussi vite, en seulement 4 jours. Du dessin à planter les structures, ce fut un challenge réussi sans encombre. Mathieu exprime que c’est toujours un vrai plaisir de collaborer avec le festival pour la propreté de leur organisation et à la convivialité émanée.

Tout était clean, une très bonne organisation, chez Hadra c’est très professionnel.

Pour réaliser cette fameuse scène alternative, The Hybrid Project est revenu aux sources et a fait appel à ses anciens profils de gamers. Ainsi, ils se sont inspirés notamment des jeux Halo, Destiny et Portal un jeu d’énigmes qui se déplace.

The Hybrid Project est à retenir particulièrement

Spécialisé et reconnu pour la production d’hologrammes 3D dynamiques qui accompagne le VJING traditionnel. Un réel plus, innovant et captivant à suivre de près.

© Koukiks

Chill-out avec Gaïa Garden Psylandart

Pourriez-vous me décrire votre collaboration avec le Hadra, ce n’est pas la première fois.

Wally Pearce : c’est la troisième année que je collabore avec l’association Hadra pour le HTF. C’est à chaque fois un plaisir renouvelé. La première année, j’ai apporté des structures de land art « les chapeaux de la Terre » sur la main stage. Elles se sont mixées avec les décors imaginés par les Lucioles et The Mad Studio sur le thème de la Nature. La deuxième année, j’ai collaboré avec NikoLapin et Alizée Décoop des Lucioles sur la scène du chill-out sur le thème de la Colombie afin de présenter une scène jungle.

Cette troisième année, j’ai travaillé en collaboration avec Dustbin Décor (fleurs des jardins suspendus) pour proposer une scène sur le thème de la science-fiction. Pour nous, la nature reste plus forte que tout !

Nous avons voulu plonger les musiciens et le public dans un univers où la nature est en osmose avec les humains. Où la douceur et la bienveillance vient apaiser les âmes.

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« Travailler avec l’équipe du Hadra Trance Festival est chaque année plus intéressante et plus précise »

Nous collaborons et créons de mieux en mieux et de façon plus efficace avec les différents techniciens indispensables sur le festival (équipe de production, équipe lumière, équipe son, équipe des tentes Tentourage….). C’est une collaboration technique multiple en amont. Elle fait que le jour du montage de la scène, chaque corps de métier se complète pour obtenir le résultat escompté. Et c’est une réussite encore cette année ! Les poteaux des tentes ne sont pas mis au hasard. Mais bien en fonction des besoins du décor. La lumière et les branchements sont réfléchis en amont avec le chef lumière du festival. L’équipe du son adapte la pose de son matériel en fonction de nous aussi. C’est un dialogue permanent jusqu’à l’ouverture du site au public ! Tous les lieux m’intéressent à partir du moment où, techniquement, je peux faire vivre mes œuvres avec le public.

Gaïa Garden ou le retour profond à la nature

Gaïa Garden Psylandart : Wally Pearce & Red.Claud avons fondé Gaïa Garden comme une déclaration de synergie artistique entre la nature et les humains. Nous créons ensemble des structures géométriques énergétiques, lumineuses, aux formes primitives qui se jouent de notre perception selon le jour et la nuit.

Ce voyage végétal doit être interprété comme un retour à l’essence même de ce que nous sommes : intrinsèquement liés à la nature, nous dépendons de la planète Terre.

Nous sommes tous liés, nous sommes tous UN. J’écoute des musiques électroniques depuis la fin des années 80, plus particulièrement de la Trance. Parallèlement, j’ai peint avec les peintres de Barbizon, peintres de la nature. Après des années de travail artistique, des expos et mes débuts dans le cinéma à la déco, je m’interroge sur la production d’œuvres d’art et l’amoncellement de celles-ci sur la planète. Dans 200 ans, nous risquons de nous retrouver avec plus de musées que d’espaces d’habitations. Pour moi, le musée ou les galeries d’art sont des lieux sans vie. C’est depuis cette réflexion que je me suis mise à produire uniquement des œuvres de land art. Mes œuvres peuvent être conservées aussi longtemps qu’on le souhaite. Mais elles peuvent tout aussi bien être compostées et retournées à la nature.

Quels sont vos intérêts en commun entre le Hadra Trance Festival, la psytrance et vous ?

Exposer mon travail sur les festivals comme Hadra ou Ozora, c’est faire vivre une expérience singulière au public. Les emporter dans mon univers. Je ne conçois pas mes œuvres de Land-art psychédéliques qui se jouent des perceptions (jour/nuit), sans un lien intrinsèque à la musique, la lumière, la nature et les humains. L’univers de la psytrance me permet d’exprimer pleinement notre osmose avec la Terre et l’Univers.

Travailler avec de grands festivals comme Hadra Trance Festival, c’est aussi apporter une prestation autonome qui permet aux producteurs d’avoir une tranquillité du point de vue technique. Comme on se connait bien, ils savent que je travaille en lien avec les équipes techniques pour apporter une prestation finale en accord avec leurs objectifs.

Ainsi nous distinguons clairement les investissements à la fois humains et matériels qui sont réunis pour organiser un festival psytrance et donner vie au village. Au voyage artistique initiés par des équipes comme le Hadra Trance Festival.

Non pas centrés uniquement que sur les concerts, il s’agit de faire entrer les festivaliers dans un univers propre. Ceci en lien avec le lieu exploité et donc la nature. Bien que l’expérience soit purement éphémère, avec ses installations spectaculaires et fortement colorées, psychédélique, c’est l’occasion de vivre des moments hors du commun.

Les participants ne viennent pas que pour entendre les artistes. Mais communiquer avec eux, danser, rire, et surtout échanger sur les origines de chacun, les modes de vie.

Crédit photo : Koukiks

Vous l’aurez compris, un festival psytrance en plein air ne consiste pas à une petite sortie pour écouter uniquement du bon son.

Des œuvres d’art sont à découvrir de toute part pour inviter les festivaliers à être pleinement transportés. Venir au Hadra Trance Festival a été une occasion de contempler ce beau défi. Celui de remettre en lumière cet intérêt fort pour la nature. Avec l’intensité de la musique électronique ou les nouvelles technologies d’aujourd’hui. Malgré les frontières il y aura toujours des liens et le potentiel de l’humain. La communication universelle avec la musique et ce rapprochement à notre environnement qui nous fait tout simplement voyager. Sorte de dimension parallèle entre notre société actuelle. Ses merveilles et ses aléas, divinités insoupçonnables et leurs magies. Un retour à la nature dans un coin de verdure utopique, la psytrance ne cessera de nous étonner et de nous inspirer.

Merci au Hadra Trance Festival, Locus Pocus Deco, The Hybrid Project et Gaïa Garden Psylandart pour leurs investissements et leurs partages.

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