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Vitalic « Si c’était le même succès trois soirs par semaine, au bout de 20 ans je m’emmerderais »

Vitalic « Si c’était le même succès trois soirs par semaine, au bout de 20 ans je m’emmerderais »

Vitalic est un parrain de l’électro Française. Mondialement connu avec son EP Poney qui change sa carrière en 2001, il décide ensuite de revenir ponctuellement avec son projet Dima qui l’accompagnait déjà dans les années 90. Le festival Elektric Park début septembre à Paris a été l’occasion de rencontrer cet artiste à la carrière impressionnante.

LOFI: Dima est ton premier nom de scène avant l’explosion de Vitalic en 2001: d’où vient donc cette envie de revenir à ce que tu faisais en premier ?

Dima: L’envie c’est qu’avec Vitalic, à chaque fois que je mets quelque chose en place ce sont des choses lourdes, avec un album, des concepts, un live, une scénographie. C’est souvent des choses intéressantes, que j’adore, mais assez lourdes à mettre en route. Sur Dima je voulais revenir à des choses plus instantanées comme à mes débuts, un live sans qu’on attende des tubes, je joue ce que je veux sans me sentir obligé de faire un showcase. Quelque chose de plus direct donc.

LOFI: Tu as plus de liberté sur Dima tu penses ?

Dima: J’en ai aussi sur Vitalic, mais un album se prépare sur 1 an et demi-2 ans, et sur Dima ça va pas durer longtemps car je fais les choses comme ça vient.

LOFI: Il faut s’attendre à un Dima 2019 différent du premier Dima ?

Oui car j’ai tenté de faire un comeback et un peu comme un retour en arrière, mais j’y arrive pas. J’aime bien la couleur vintage de la musique et c’est la motivation principale de mes projets, mettre une couleur vintage. Mais on va dire que je me résous pas à mettre les 2 pieds dans le passé. Donc non.

LOFI: Dans des précédentes interviews tu disais que chaque album chez toi était totalement différent.

Clairement. Et sur Dima on se retrouve pas en 1995. C’est inspiré de ce que je faisais entre 1995 et 99 mais au fond ça reste vraiment 2019 d’après moi.

LOFI: On sent dans ce que tu fais des sonorités plus acides et organiques (dans Sound of Life par exemple).

Oui et même ce que je faisais dans Dima ce n’était pas aussi organique que ça. En fait quand j’ai commencé Vitalic j’ai mis du rock et du disco dans ma musique. Dans Dima il n’y a pas de rock et pas de disco mais c’est la même essence.

LOFI: En live il faut s’attendre à quoi ?

Il faut s’attendre à quelque chose de plus dur que ce que j’ai fait sur le dernier Vitalic en live même si ça envoyait pas mal. Mais c’est plus large ici: y’a de l’acide, du hardcore. J’élargis donc par rapport à Vitalic.

Dima lors du festival Elektric Park © Bertrand Vergereau

LOFI: On arrive à la fin de l’été et tu as tourné dans pas mal de festivals (Kappa, Dour, Nuits Secrètes, etc.). Quel a été ton meilleur souvenir ?

Les Nuits Secrètes c’est un festival que j’adore ! J’y vais régulièrement, c’est devenu des potes et j’adore jouer là-bas ! Après le Kappa, c’est impressionnant car je vois cette photo depuis plus de 10 ans sous le pont. Et quand je me suis retrouvé sur scène avant de jouer en installant le matériel avec mon équipe ça m’a fait quelque chose ! Je me suis vu dans le film et ça m’a fait bizarre.

LOFI: Vois-tu généralement des différences entre les publics belges/français ou même du reste de l’Europe ?

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Pas vraiment de différence mais il y a des publics qui sont plus froids que d’autres. Mais si à l’instant T tu es avec un public qui veut te voir… C’est vraiment le public qui fait le show. Après l’énergie du public découle de plein de trucs. Est-ce qu’on est le vendredi soir d’un festival ou le dimanche soir d’un festival ? Est-ce que le son est bon, est-ce que les lights sont bons. Il y a tellement de paramètres. Il n’y a aucune recette. Même dans des villes réputées très dures j’ai parfois des très bons résultats, ça se passe super bien et parfois moins. Il n’y a rien d’écrit. Mais si c’était le même succès trois soirs par semaine, au bout de 20 ans je m’emmerderais. L’attente, le fait de savoir comment se passe la rencontre fait énormément d’excitation.

LOFI: Ton nom a une consonance russe, es-tu accueilli de manière différente lorsque tu te produis là-bas ?

J’y joue pas souvent mais j’y retourne dans pas très longtemps. Russie et Ukraine c’est vraiment la folie. J’ai joué récemment à Nijni Novgorod dans un immense festival totalement paumé au milieu de rien du tout dans une scène fermée hyper industrielle et j’ai joué au lever de soleil, c’était assez dingue.

LOFI: Incroyable car en plus ça doit pas être un public très expressif.

Ah oui ça fait parti des publics un peu durs. Mais même Berlin c’est un public qui a des attitudes et qui n’est pas hyper chaud. Mais quand j’arrive à amener une énergie rock et que les allemands me disent « c’était ouf » je suis hyper content !

© Bertrand Vergereau

LOFI: Pour finir, peux-tu nous partager une chanson qui est ton péché mignon, que tu écoutes en cachette et dont tu as un peu honte. Ça peut être du Selena Gomez, Céline Dion…

Putain c’est vraiment Céline Dion ahaha. Il y en a beaucoup, mais par exemple « S’il suffisait d’aimer » ou « Sous le Vent ».
Mais en fait, j’ai honte de rien de ce que j’écoute car j’ai passé l’âge de me poser des questions là-dessus. Donc j’en ai rien à foutre mais j’impose ça à toute mon équipe technique quand on est en tournée. Maintenant ils sont habitués et ils attendent que ça passe ahaha.

Merci à Vitalic d’avoir répondu à nos questions et au festival Elektric Park d’avoir rendu cette rencontre possible ! Rendez-vous en septembre 2020 pour leur onzième édition !

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