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Interview : Victor Ruiz aux Trans Musicales, une performance foudroyante

Interview : Victor Ruiz aux Trans Musicales, une performance foudroyante

A sa première scène à Rennes le 7 décembre aux Trans Musicales Festival, nous avons rencontré Victor Ruiz. L’occasion d’un échange plein de rebondissements concernant cet artiste brésilien aux recettes musicales puissantes. Adeptes de la techno mélodieuse, planante et caverneuse, bienvenue dans l’univers fantastique et passionné de Victor Ruiz.

Invité au Hall 9, l’un des plus grands espaces du Parc des Expositions de Rennes ce samedi 7 décembre, le souffle nous a manqué. Impatients d’entendre la sélection techno de l’artiste, nous pouvons synthétiser et décrire sa prestation comme véritablement intense et sportive.

Source : Victor Ruiz

Issu du rock n’roll, il est facile de retrouver en lui un certain sens du rythme et du groove. Entre ses productions de techno classique et caverneuse comme il a pu en sortir chez Drumcode. Ou ses morceaux de techno minimale qui font danser même les plus timides d’entre nous. Victor Ruiz sait se démarquer. Ses remix et collaborations sont toutes aussi appréciées. Avec Alex Stein un de ses plus grands acolytes, ou les plus grands du genre comme Boris Brejcha, Stephan Bodzin et Dubfire.

Avec son intérêt fort pour les voyages, il sait proposer des sets et live poignants allant de la melodic techno à une techno plus dynamique.

LOFI | Hello Victor Ruiz, merci de nous recevoir. Pourriez-vous tout d’abord nous partager vos impressions sur les Trans Musicales Festival ?

Eh bien, je suis arrivé il y a seulement 5-10 minutes. Je discutais avec quelques personnes en backstage et j’en ai appris plus sur le concept du festival. Le format est vraiment chouette.

Ils se donnent à fond pour dénicher les nouveaux talents à booker, un sacré travail important. C’est grâce à ce type de festival que de futurs vrais artistes peuvent être mis à découvert.

Sinon honnêtement je ne sais pas à quoi m’attendre, puisque je n’ai encore rien vu de concret. Cependant je suis déjà certain que je vais bien m’amuser.

LOFI | Que pensez-vous du public français ?

J’ai déjà joué plusieurs fois en France et j’aime beaucoup. L’Europe est à mes yeux le lieu où je préfère jouer le plus. Les français sont toujours des passionnés et de sacrés animaux de la fête je trouve (rires). Ils apprécient naturellement de danser et de ressentir les good vibes de la musique.

C’est la première fois que je viens en Bretagne par contre, donc je suis impatient de voir ce que le public me communiquera une fois sur scène.

LOFI | La veille vous avez performé à un club en Allemagne. Enchaîner des dates ainsi, n’est-ce pas rude, excitant ?

J’adore voyager et dans ce milieu c’est une obligation. Voyager représente 80% de mon temps je pense. Le reste se passe en studio. Se déplacer autant d’un lieu à un autre ou plus en un week-end peut être fatigant.

Etant dj, nous sommes souvent sur la route, nous sommes en permanence en mouvement, nous rencontrons perpétuellement de nouvelles personnes et nous nous préparons toujours pour faire en sorte que le public puisse profiter de la meilleure expérience possible sur le dance-floor.

C’est un défi, mais j’y tiens et je suis heureux de faire le tour du monde. C’est très enrichissant.

LOFI | Jouer aux Trans Musicales peut être un challenge également puisque ce n’est pas un festival entièrement dédié aux musiques électroniques. L’atmosphère et le public est autre à ce que vous êtes habitué.

Oui totalement.

LOFI | Parlez-nous maintenant de votre nouveau projet : OBLIVION. Nous sommes curieux d’en savoir plus.

C’est nouveau concept d’événement qui m’engage à jouer tout du long. Nous avons sélectionné plusieurs clubs pour les premiers shows. Prochainement je serai à une OBLIVION à Vienne en Autriche.

Oblivion prend place d’octobre à décembre 2019 et se suit à Istanbul, Vienne et Berlin. A chaque événement Victor Ruiz effectue une all night long de 6h.

Des plus grandes profondeurs de la scène électronique, émerge finalement un vrai artiste. Un créateur d’histoire, ses morceaux génèrent de l’émotion avec groove, réarrangeant ses propres racines musicales en lectures toutes aussi contemporaines que futuristes. Doté d’un nombre grandissant de fans, Victor Ruiz, fils de la mère house et père techno. Maître d’une électro efficace qui vient du fond du coeur et cloue tout le public sur le dance-floor. Il possède une manière unique de réaliser de la musique. Encore des doutes ? Il n’y a plus qu’à écouter son travail.

Oblivion project

J’aime à penser ce genre d’expérience comme une journée entière dédiée à s’immerger dans le son. Je souhaite établir différentes atmosphères au travers de la musique. Cela me permet aussi de gagner en créativité, de jouer d’une manière unique la musique, telle qu’on ne l’a jamais entendu jusqu’ici dans mes sets.

Une Oblivion s’est déjà déroulée à Berlin, la seconde se fera à Istanbul, ensuite Vienne etc.

LOFI | Quand et comment avez-vous commencé à aimer la musique électronique, à en produire ?

Tout a débuté avec les artistes français Daft Punk. J’étais assez jeune, en premier temps j’étais à fond dans le rock, je jouais de la guitare dans un groupe à l’école. Puis j’ai découvert la techno par le biais d’un ami, il en produisait également.

J’ai pu en apprendre beaucoup avec lui. On peut dire qu’en 2006 c’est l’année où je m’y suis vraiment mis et quand les choses sérieuses ont bougé pour moi.

LOFI| Lorsqu’on écoute vos sets, on distingue bien votre mélange de déclinaisons techno. Qu’elle soit puissante, minimale, mélodique. Cela représente vos cultures et visions variées dans la musique. Cela a un lien avec vos périples ?

C’est en raison de mon bagage musical. J’ai toujours été très curieux et de ce qu’englobe toute la musique électronique. J’adore tester, écouter, jouer tout type de musique. Peut-être que quelques fans ont pu démasquer de nouveaux artistes, morceaux ainsi, c’est ce qui compte.

LOFI | Il y a des collaborations dont vous êtes fier, des artistes qui vous ont impacté ?

Oh yeah, bien sûr. Je suis tellement fier de ce que j’ai pu réaliser avec Thomas Schumacher.

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Il a toujours été une inspiration pour moi. C’est aussi un ami et un être humain extraordinaire. Je me souviens de la première fois où je l’ai entendu jouer à Sao Paulo en 2008. J’étais juste un danseur dans la foule. Aujourd’hui je peux dire que nous sommes amis et que nous avons travaillé ensemble. C’est quelque chose de très spécial pour moi.

Un autre de mes bons amis, Alex Stein, qui est en fait mon meilleur ami. Nous avons produit des sons ensemble il y a déjà un moment. Et il reste toujours un incroyable producteur d’ailleurs.

LOFI | Nous vous avouons que dans une interview faite avec Alex Stein, il nous avait dit la même chose sur vous (rires).

(Rires). C’est parce que c’est comme un frère pour moi. En fait, cela fait longtemps que nous n’avons pas réalisé des morceaux ensemble, mais nous restons fiers de notre passé. Il est une des raisons du pourquoi je suis ici aujourd’hui, je lui en serais toujours reconnaissant.

LOFI | Que pouvez-vous nous dire sur vos challenges quotidiens, liés à votre carrière ?

Il y en a tellement. On ne dort pas beaucoup, ce qui a des conséquences sur plusieurs aspects de ta vie. Egalement, je manque pas mal les mariages et autres événements de mes amis, qui sont souvent les week-ends, quand je suis sur la route ou en dates. C’est la même chose pour Noël ou le Nouvel an. Il semble que ce soient des événements particuliers et prisés pour tout le monde pour faire la fête. Et je joue toujours à ces dates.

Mais cela fait partie du jeu, après tu t’y habitues.

Il y a aussi ce même stress lorsque tu dois répondre à certaines attentes :

Aies-je bien fait ? Puis-je produire et performer comme les autres le font ? Ma musique plaît-elle ? Les dates sont-elles assez nombreuses pour que je puisse être rémunéré ?

Les challenges sont permanents, mais sont aussi un rappel pour te pousser à avancer, progresser.

Merci Rennes! @transmusicales was insane. Was such an honor to play at the same place at so many gigantic artists have performed in the last decades. It was mind blowing! ❤️

Publiée par Victor Ruiz sur Dimanche 8 décembre 2019

LOFI | C’est difficile de vivre pour sa passion. Nous ne devons pas oublier que nous sommes des êtres humains.

Bien sûr, nous sommes tous humains et nous avons tous besoins de faire attention à notre santé, première chose à faire. Il faut faire attention à son sommeil, à ce qu’on mange.

Un autre facteur important est internet et être une personne publique. Il est facile pour tout le monde de checker ton lifestyle, commenter comme tu veux ce que tu penses, souvent sans considération pour tes sentiments. Il ne faut pas oublier que la majorité de ces personnes ne te connaissent pas. Tu dois prendre sur toi, garder la tête haute car il y aura toujours des avis négatifs. Mais le positif est là aussi et tu dois rester concentré dessus.

Nous voulons remercier grandement Victor pour cet échange au travers de sa vie musicale. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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