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Droflam, le jeune producteur dubstep qui monte

Droflam, le jeune producteur dubstep qui monte

Si ce nom vous est encore inconnu, vous en entendrez parler très bientôt. Droflam, jeune producteur toulousain en pleine ascension navigue entre influences trap, bass house et grime tout en gardant une solide base dubstep, à grand renfort de grosses basses.

À l’occasion de la sortie de son nouvel EP “Ether”, nous avons pu échanger avec lui sur sa ligne artistique et sa vision du dubstep en France.

Pourquoi ce nom de “Droflam”? 

Quand j’étais enfant, je m’amusais à créer toutes sortes de choses : bandes dessinées, dessins, et même des prototypes de jeux vidéo. Le nom Droflam est le nom d’un personnage d’un jeux de cartes que j’ai inventé il y a longtemps. Au fur et à mesure, je l’ai développé et intégré dans d’autres créations. Je le dessinais partout !  Lorsque je me suis mis à la musique, j’ai eu besoin d’un nom et d’un logo. Droflam est apparu comme une évidence.

Comment as-tu découvert le dubstep et qu’est-ce qui t’a donné envie d’en produire ?

Ma première approche du dubstep a été par mon père. Il m’a fait découvrir un remix des Daft Punk par Nero.  À l’époque je n’y connaissais rien, mais je trouvais ça très entraînant et c’était nouveau pour moi. J’écoutais ce qui passait sur les grosses radios, David Guetta, Justice…alors forcément, ça me changeait ! 

Peu de temps après, quand j’étais au collège, mes cousins sont venus passer du temps chez moi et m’ont fait écouter l’album Scary Monster de Skrillex. Et là, je peux dire que ça a été une révélation. À ce moment-là, je testais pas mal de choses différentes au niveau artistique. Je commençais à produire de la musique, mais je me cherchais beaucoup. Je faisais de la house, du dub…mais Skrillex a tout chamboulé et je me suis mis au dubstep à 100%.

As-tu remarqué un changement dans le dubstep depuis que tu l’as découvert ?

Quand j’ai commencé à produire je me suis pas vraiment rendu compte d’une tendance particulière, sûrement parce que je suis arrivé en plein dedans. Ce n’était déjà plus une musique underground, et je suis vraiment arrivé au moment où le mouvement était très populaire.  Disons que je n’ai pas vraiment vu d’avant/après. Peut-être parce que c’était déjà assez mainstream.

Comment définirais-tu ton propre style, quelles sont tes influences ?

Je dirais que mon style de production se situe entre dubstep mélodique et brostep. Pour ce qui est de mes influences, j’aime beaucoup la futur bass, la bass house, la trap…donc je m’inspire forcément de  ces styles, et de façon plus générale, de tout ce que j’écoute. Dans le dubstep plus précisément, j’aime le mélange de sons puissants et énergiques avec des mélodies et  harmonies bien présentes. Je pense aussi que l’EDM m’influence pas mal pour les structures et la manière dont je construis mes morceaux. 

Au-delà de la musique, je m’inspire aussi de ce que j’aime, à savoir l’univers japonais, les mangas, et les jeux vidéo. Droflam est un mélange de tout ça.

Crédit photo : Guillaume Plaux

Parlons de ton nouvel EP. Des morceaux beaucoup plus diversifiés, des collabs avec d’autres artistes…est-ce que cet EP représente une évolution pour toi ?

Pour cet EP, j’ai abordé le dubstep d’une façon différente. Ces deux dernières années, j’ai beaucoup joué en live, bien plus que les années précédentes. Ça a influé sur mon processus créatif. J’ai choisi de mettre l’accent sur le fait que je suis aussi DJ. J’ai voulu créer des morceaux spécialement pour la scène, des morceaux faits pour qu’un DJ les joue en live et que la foule pête les plombs. C’est une bonne excuse pour produire des bangers !

Crédit photo : Pierre Bellanger

Aussi, j’ai vraiment changé ma méthode de production. Cette fois, je ne me suis pas inspiré des animes, mangas ou jeux vidéo mais j’ai préféré incorporer plus de styles différents et diversifier les collabs. Alors je ne sais pas si on peut dire que cet EP présente une évolution, mais il est plus diversifié, c’est sûr.

Depuis combien de temps tu y travailles ?

Pour la petite anecdote, j’ai commencé à concevoir et réaliser cet EP il y a un an. Entre-temps, j’ai perdu mon ordinateur avec la totalité de mon travail dedans. Je n’avais pas prévu de réaliser un EP initialement, mais au vu de tous les morceaux que j’avais, j’ai voulu tout simplement les regrouper. Forcément, perdre tous mes sons  m’a handicapé et m’a vraiment coupé dans mon élan. J’ai dû repartir de zéro et ça a complètement changé la façon dont je l’ai produit.

Comment décrirais-tu ton Ep ?

Je vais essayer de vous répondre track par track, parce que chacune raconte quelque chose de différent, même s’il y a quand même un fil conducteur. 

Hostile a un côté spatial et écrasant que j’aime beaucoup. La seconde, Shibusen est complètement pensée pour être un banger  à l’américaine. J’ai collaboré avec le rappeur Juda Jay, ce qui rajoute encore plus ce côté “américain”. Ensuite Next Move est morceau taillé pour la scène, très influencé par la bass house de Po.uce. La quatrième, Brambles, à une structure très EDM et un côté mélodique. Pour finir Rewind ressemble à un véritable trip, avec son atmosphère planante et mélodique. Je la trouve vraiment spéciale, je crois même que c’est ma préférée.

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Quels sont tes projets en cours ?

Pour la suite, je compte évidemment produire d’autres EP et singles dans mon style habituel, mais je cherche aussi à me diversifier et à multiplier les collabs avec des artistes aux styles complètement différents du mien.

En tant que jeune DJ/producteur de dubstep, quel est ton regard sur ce mouvement en France aujourd’hui ?

À mon sens, les trois villes où le style se développe le plus sont Toulouse, Lyon et surtout Paris. C’est dans la capitale qu’on est le mieux servi. On y voit beaucoup de gros noms du dubstep, et il y a pas mal de gros festivals comme Animalz, Ambassad… Je pense que chaque DJ ou producteur de dubstep français doit y passer un jour ou l’autre. Mais globalement, ce n’est pas en France que la scène dubstep se développe le plus mais plus aux US.

Et ton public, il se situe où?

Mon public se situe plus à l’étranger, surtout aux US. Ce sont  les chiffres qui parlent.  Lorsque je joue en concert, j’ai l’impression de n’avoir qu’une petite partie de mon public en face de moi et surtout des gens qui découvrent ma musique en direct. Il y a un contraste entre mon audience sur internet et les gens qui assistent à mes concerts. 

Dernière question pour la fin : tu nous as parlé de jeux vidéo, quel est ton jeu préféré ?

Je suis un grand fan de Nintendo, je ne pourrais pas choisir entre Zelda et Super Smash Bros !

Merci à Droflam pour avoir répondu à nos questions. Pour écouter l’EP Ether, ça se passe juste ici.

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