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En savoir plus sur Hâvre de Perche avec le fondateur du festival Château Perché

En savoir plus sur Hâvre de Perche avec le fondateur du festival Château Perché

Au cœur de la crise du COVID est apparu un projet aussi fou qu’excitant. En effet, la team du très bon festival Château Perché a annoncé lancer une campagne de crowdfunding pour pouvoir acquérir… un château ! En plus d’accueillir le festival et diverses teufs, le Havre dê Perche ou H2P sera un lieu rassemblant retraites et projets associatifs engagés. Mais qui de mieux que l’organisation pour en parler ? On s’est donc entretenu avec Sammy, l’un des fondateurs de ce projet ambitieux et d’utilité publique.


LOFI : Salut Sammy, quelle est l’idée à l’origine du projet ? Et est-ce que la crise a eu un rôle dans la sortie de celui-ci ? 

On avait envie de créer un projet à l’année, ouvert de janvier à fin décembre. C’est une idée qu’on avait depuis longtemps. Il y a dedans le rapport que peut avoir un artiste avec un public, proposer plus d’intimité car ça permet avec les jeux de rôle et l’intensité de jouer avec la liberté comme un curseur (liberté de l’artiste et aussi du public). 

Ce qui permet finalement pour un artiste de toucher un public de manière différente.

Ça fait quelques années qu’on y pense, mais cette crise a poussé à le faire vraiment. Les tarifs qu’on nous pratiquait pour la location de châteaux étaient entrain de s’envoler, ce qui nous a poussé à se dire qu’en acquérir un sur le long terme était plus pratique. Même si l’acquisition et les travaux d’entretien coûtent très cher, on a une communauté qui est très forte et qui nous soutient depuis le début du crowdfunding. Ce n’est pas fini encore, mais on a de bonnes chances d’arriver au moins jusqu’au premier château. Et on va tout faire pour arriver au château qu’on préfère (le méga château). 

LOFI : C’était donc le moment opportun pour le faire

Oui c’est ça. On a l’habitude de rebondir à chaque fois plus haut à chaque gros coup dur qu’on a pu subir dans notre équipe, donc c’était aussi une façon de le faire

© Joshua Richard

LOFI : À travers 3 dimensions que vous défendez (artistique, sociale et activiste), quelle genre d’expérience voulez-vous  offrir aux personnes ? 

On veut offrir une expérience haute en intensité et en charge artistique comme émotionnelle. Pour cela, on va donner carte blanche absolue à des artistes ou personnalités engagées. Et ils vont pouvoir jouer sur des curseurs qui leur sont propres et leur sont chers grâce à une temporalité inédite. Par exemple, un DJ qui a l’habitude de jouer devant 5000 personnes, et qui le ferait devant grand maximum 50 personnes. Au coin du feu par exemple. Sinon un poème lu par un grand artiste, sous les peupliers du parc du château. Ça pourrait être à la bougie, jouer une pièce de théâtre par l’artiste guest qui a fait du théâtre, aux abords de l’étang ou du lac, etc…

On n’a pas envie d’avoir de limites et on veut vraiment des guests passionnés par leur art et qui ont un vrai message a transmettre. Et donc toucher le public en plein cœur à travers ces différents médias. 

Pour parler plus en détail sur le volet activiste et solidaire/social, on n’a envie de rien faire sans ça. Tous les événements seront engagés pour une cause. C’est-à-dire qu’il n’y a aura rien de gratuit. Par exemple, si on fait une retraite qui prend la forme d’une fête où un artiste va vouloir travailler sur la danse, la mise en transe, même sur la consommation de tel ou tel alcool, on voudrait inviter du public qui n’a généralement pas accès à ce genre de manifestations, d’arts.

Que ce soit directement, ou indirectement. Par exemple, une retraite BDSM peut générer de l’argent, qui permettra de financer une autre retraite dédiée aux enfants. Bien sûr on ne va pas faire du BDSM devant les enfants, c’est hors de question. Mais le lieu est flexible et a la capacité de s’adapter. On peut faire donc des grands écarts et indirects, tant qu’ils sont conscients. 

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© Joshua Richard

LOFI : Créer une sorte de chaîne entre tous les projets finalement ? 

Exactement. Il y aura des synergies qui seront faites entre ces projets. Par exemple, il y a une retraite qu’on appelle la Boa Constructor, et la Queen Guru (qui sont les curators) qui pourrait être un décorateur de festival qui enseignerait aux personnes les techniques de décorations. Et donc on aurait une scénographie qui pourrait être utilisée pour Château Perché, mais aussi potentiellement pour la kermesse d’une école ou un événement purement solidaire. 

L’idée c’est de maximiser les synergies et l’efficience de la production artistique et la production de liens sociaux pour en faire profiter le plus grand nombre. 

Pour résumer de la manière la plus courte possible, c’est s’amuser à faire, mais avec un maximum d’essence. 

© Romain Guédé

LOFI : En plus de tous ces projets, quelle place sera laissée à la musique ? 

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Elle serait clairement non négligeable (et c’est un euphémisme). Il y aurait une bonne partie des retraites axée autour de la musique, ou invoquée de manière multiple. Si par exemple on devait inviter un professeur de la Sorbonne, spécialiste de Hegel ou de la philosophie Allemande du XVIIIème par exemple, il pourrait avoir envie d’éveiller son propos de musique d’époque (ou pas d’ailleurs). La musique est extrêmement universelle, riche et permet beaucoup de choses. 

Également sur le thème de la mise en transe, où on commence à froid, avec des sonorités organiques. On peut faire une fête avec un petit public, mais une forte intensité. Du coup, comment on se met en transe, quels sont les différents états, etc… Du coup la musique aura clairement une place importante.

LOFI : Dans les retraites mais pas que, on sent qu’il y notamment une impulsion pour la libération des corps et la libération sexuelle. Pourquoi il vous a semblé important d’accentuer là-dessus ? Est-ce que c’est quelque chose qui vous semblait inhibé par notre société actuelle ?

La libération des corps et l’érotisme en général sont des thématiques intuitivement liées au respect de l’autre et à la liberté. Et la libération de certains conditionnements sociaux est encore une zone d’émancipation. En termes d’expérimentation artistique, il reste beaucoup à faire. Pour la raison que c’était tabou et ça l’est toujours. 

On pense que le fait de se libérer fait du bien au corps et à l’esprit, que ce soit à l’échelle individuelle ou au niveau sociétal. Il y a en effet une manière inhérente du respect et de l’écoute de l’autre qui sont inculqués avant même d’entrer sur le lieu. Pour nous, ça ne peut qu’être bienfaiteur et bénéfique. 

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© Joshua Richard

LOFI : Sur la campagne de crowdfunding, vous indiquez qu’en fonction du montant, vous pourrez vous offrir différents types de châteaux. Est-ce vous avez déjà une target list avec ce que vous pourriez acquérir ?

On a déjà une target list et fait pas mal de visites. On a des châteaux qui vont de 1 à 4 millions. En fonction du travail qu’on fait avec les banques et des percheurs fondatrices, on est obligé de faire ce travail d’anticipation. Car on a promis à notre public d’être le plus prompt possible au niveau du timming et leur offrir des moments de qualité après la pandémie. On a des super lieux en vue et on va voir ce qu’on va prendre avec ce que nos fans nous ont donné. 

Merci à Sammy et à toute l’équipe de H2P pour cet entretien. Pour info, la deadline du crowdfunding est le 31 juillet. Vous trouverez toutes les informations ici

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