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Visual Virus : le mariage du bois et de la lumière en décoration et scénographie

Visual Virus : le mariage du bois et de la lumière en décoration et scénographie

Adepte du mariage du bois et de la lumière, Visual Virus façonne des scénographies avec féérie. Un projet récent de Timothée et Florian, deux amis qui ont choisi une aventure commune, après de nombreuses expériences individuelles dans l’art et culture psychédélique.

C’est en rassemblant leur passion pour les arts psychédéliques, ethniques ainsi que les musiques alternatives, que Timothée et Florian ont monté Visual Virus. Rencontrés mutuellement en 2015 en travaillant chez le collectif Project Moon, organisateur d’événements majoritairement psytrance. C’est grâce à cette association qu’ils acquièrent de l’expérience dans la décoration, la technique, les logiciels et matériaux.

Cette année ils décident de souffler un vent nouveau en montant leur structure indépendante en design et scénographie. Florian apporte son savoir-faire de menuisier et Timothée y introduit sa touche artistique de photographe et graphiste.

Le bois, leur support favori, est couplé à des lumières afin de faire apparaître les détails ajourés des découpes. Ils aiment également mêler différentes techniques de peintures apportant la touche de couleur finale aux créations.

Nous leur avons posé quelques questions afin d’en apprendre plus sur comment ils ont monté leur propre projet, les difficultés que cela engage et le plaisir dont ils bénéficient.

Des origines au plongeon dans l’art, la culture psytrance, l’événementiel

LOFI | Hello les garçons, parlez-nous de vos expériences de vos débuts qui sont liés à Visual Virus aujourd’hui.

Flo : salut, j’ai la trentaine et je suis menuisier de métier. J’ai toujours aimé faire des soirées trance depuis ma jeunesse. Là-bas j’y ai découvert le string art et ça m’a interpellé. Je me suis d’abord mis à faire des tableaux, du string art, à en vendre un peu.

Mes oeuvres ont plu à Project Moon qui organise des événements psytrance basé dans le centre de la France. Ils m’ont intégré dans leurs ateliers déco vers 2012-2013, puis on m’a proposé le poste de chef d’atelier. J’ai passé 5 ans à occuper cette activité, une sacré expérience qui m’a forgé.

Tim : de mon côté je viens d’avoir 30 ans. Issu à la base d’une formation en gestion et communication, ça ne m’a pas vraiment enchanté.
Hormis cela, j’ai démarré mon parcours artistique par de la photo en freelance vers 24 ans. C’est vite devenu une belle passion, qui s’est suivi par une volonté de faire de l’associatif et un intérêt pour la culture psytrance croissante. J’ai plongé dans le bain via mon premier festival psytrance en 2011.

Je connaissais déjà pas mal le travail de Project Moon, je les ai rejoints dans l’organisation. Ainsi pendant plusieurs années j’ai exercé dans leur communication, j’y ai développé mes compétences en photos, vidéos puis enfin la scénographie et décoration avec Florian, en conception. J’ai ensuite conçu une grande majorité de scènes aux événements Project Moon, mais la communication me prenait le plus de temps.

L’amorce de Visual Virus

Flo : on a commencé à bosser ensemble car on était complémentaire. Pour ma part, je suis calé en ce qui concerne la partie technique, faisabilité et chiffrage, compta etc. Tim lui, sait dessiner, articuler les jeux esthétiques.

Tim : Florian a clairement les contraintes et faisabilités des projets en tête. J’apporte ma touche artistique au tout.

Flo : Visual Virus c’est notre extension personnelle de Project Moon. Comme dit précédemment, on y a expérimenté pas mal de choses, et trouvé notre style et manière de travailler. On ne répondait pas à des demandes de clients, on participait à monter des concerts avec nos propres objectifs, ce qui nous permettait de faire des tests artistiques. Ce fut un beau terrain de jeu et on les remercie encore pour cela. On a pu essayer pleins de choses sans pression et apprendre de nos erreurs. La culture psytrance est un carrefour pour beaucoup échanger, rencontrer facilement des gens aux différents métiers ou métiers similaires répondant à divers projets artistiques.

Tim : par contre chez Project Moon, on n’avait pas assez de temps pour nous consacrer à la décoration pure. Puisque l’association était entièrement liée à l’organisation d’événement. Ce qui impliquait d’avoir à gérer beaucoup d’autres aspects, on ne pouvait pas se concentrer sur la partie scénographie. Visual Virus est née de cette envie de se concentrer à fond sur la scénographie, de faire cela détendu, à notre manière. Y’a aussi cette volonté d’expérimenter ce marché, tout en restant une association pour le moment, en évoluant vers plus important par la suite.

Flo : on y pensait déjà depuis un moment.
Pour le nom, on s’est creusé la tête pour choisir quelque chose qui marque. Visual est un raccord avec ce que l’on aime et sait faire, Virus car on a un peu cette maladie de faire de la décoration, scéno à tout va. Aujourd’hui on en rigolerait presque un peu trop avec le contexte du coronavirus.

Identité, racines artistiques et créativité

Tim : Flo est menuisier, ça nous a fortement poussé à oeuvrer avec le bois. A terme on voudrait utiliser complètement et entièrement du bois éco et n’avoir recours qu’à des procédures éco. Pour nous le bois est une matière essentielle, facile à manier, qui colle avec nos valeurs et attachements pour l’environnement.

Flo : au niveau de notre orientation artistique, on ne souhaite pas se fixer uniquement sur les arts psychédéliques par contre. C’est toujours notre noyau qui nous attire et fascine, mais on ne veut pas se baser que sur du multicoloré, du fluo, du tissage dans tous les sens bien qu’on adore cela. On désire développer notre propre style avec cette alliance du bois et de la lumière.

Notre expérience chez Project Moon a beaucoup joué sur cette motivation à nous lancer plus proprement dans la décoration et scénographie. De mon côté j’ai adoré passer sous le rideau rouge de la scène, toucher à l’organisation d’événement. C’est être dans le concret, le créatif.

Tim : perso j’ai toujours été passionné par l’art psyché. Je dessinais déjà des labyrinthes à l’école pendant les cours. J’aime cet univers riche en couleurs, détaillé. Toutefois avec Visual Virus, on a envie aussi d’aller plus loin dans la discipline et de travailler pour des compagnies de spectacle vivant différentes, pour du théâtre, mais aussi la décoration pure comme des lampes et autres accessoires.

Fonctionnement, motivations, projets

Tim : on a réalisé déjà des projets bien sympas. Et sinon on se voit travailler plutôt calmement au quotidien. On doit savoir s’adapter à toute situation mais on reste content d’avoir monté notre propre structure.

Flo : le démarrage de Visual Virus s’est très bien passé. Pour un projet on a repris des assemblages qui avaient bien marché chez Project Moon. La demande était simple en termes de design, il fallait reprendre des formes simples à répétition qui in fine, offrait une jolie structure.

Tim : pour notre collaboration avec Dub Traveller, il nous a laissé carte blanche. Seule et grosse contrainte : ça devait rentrer dans des caisses de 1m10 sur 1m10. C’est-à-dire une taille qui rentrait dans leur voiture.

Flo :  la taille des structures est une des contraintes majeures à prendre en compte lors de la conception. 

Tim : on peut citer cela comme l’une de nos caractéristiques, le fait que l’on est habitué à être limité en taille. On sait réaliser des éléments qui s’imbriquent les uns et les autres.

Flo : tout doit être compréhensible pour que des personnes parfois extérieures puissent monter ou démonter le projet. On fait ça avec des codes couleurs pour que ça soit le plus évident possible.

Tim : pour Dub Traveller, une des contraintes était d’avoir une scéno rapidement démontable afin de pouvoir respecter les changements de plateaux. Donc il fallait que les structures puissent être montées et démontées très vite entre chaque prestation.

Flo : ils nous ont fait une confiance totale en notre capacité à répondre à leur demande. Ils n’ont rien voulu voir, outre le résultat à la fin. C’est assez atypique et chouette.

Vivre et continuer avec le COVID19

Flo : avant l’apparition du COVID19 chez nous, on se sentait sur une pente montante, avec pas mal de contrats en discussion. Ce fut dur moralement. L’avantage c’est qu’on n’a pas “d’obligations” non plus. On pourra toujours relancer la machine, on a d’autres jobs à côté.

Tim : il est clair que le début s’est très bien passé. On a été très soutenu, avec bon nombre de demandes qui sont nées.

Flo : on recherche des idées sur comment mieux fonctionner avec le COVID19 et ses mesures sanitaires. On n’a pas complètement arrêté avec Visual Virus. On a stoppé la fabrication, mais on a pris plus de temps pour ce qui est de l’administratif. Rencontrer des structures dont intégrer une pépinière d’entreprises et associations créatives bientôt. On s’est concentré sur la rencontre avec des producteurs, d’autres partenariats, de la facturation, le site internet, notre communication, comment mieux gérer nos logiciels. Afin d’être prêts quand ça va redémarrer.

Des objectifs futurs ?

Tim : l’objectif à terme : dans les 4-5 ans c’est de monter une boîte.

Flo : voire dans 2-3 ans.

Tim : C’est un peu reparti depuis ce second déconfinement.

Flo : on sent l’envie de repartir avec tout le monde dans le secteur. On voudrait investir dans de l’équipement. Comme des machines commandées par ordinateur être plus précis dans nos découpes. De la lumière, acquérir de nouvelles technologies, contrôles lumières, LED.

Tim : du mapping ans le futur aussi. D’ailleurs on fait un appel autour de Clermont Ferrand pour collaborer en ce qui concerne la peinture, vidéo, mapping !

Toutes photos : TIMAGIN.
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