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On croque dans le label & fruit Curuba, aux parfums de world électro

On croque dans le label & fruit Curuba, aux parfums de world électro

Entretien avec le label Curuba basé à Paris, où l’électro est finement rattaché à divers projets artistiques. Entre world music, experimental, lofi et trance, le panel est beau. Nous avons déambulé au sein de leurs sonorités, où multiples cultures du monde entier s’entremêlent sur des ondes électroniques qui accompagnent audacieusement les productions. Ambiances exotiques et ethniques avec les compilations Héliotropisme, danses enivrantes et chaleureusement pop avec Shimon, ou encore un mélange organique et multicolor avec Ditti, on ne s’ennuie pas dans leurs contrées musicalement colorées.

Qui représentent Curuba ? Comment s’est fondé un si modeste et talentueux label ? En plus de vous proposer une écoute de récits magiques et féériques du label, nous nous sommes entretenus dans une riche interview pour en savoir plus. Entrez dans leur univers fun, mais non dénué d’une qualité de création sonore et visuelle des plus pointilleuses et captivantes. La convivialité est de mise, accompagnée d’un goût profond pour le voyage, le rythme de nombreuses percussions originales, des voix enchanteresses et des ondes électroniques dansantes et mentales.

Au départ de l’aventure Curuba Records

Curuba Label : Curuba est né d’une rencontre lors du festival Totem, en octobre 2016. Vincent (Ditti) et Isaure, qui connaissait déjà Valentin (DÖM), Yann et Alexis (le duo Psycho Tropiques, dont c’était la première date). Tout s’est noué lors de cet événement, où on s’est retrouvé à jouer sur la même scène (tenue par Vincent et Isaure entre autres). Le courant est bien passé, et on s’est vite rendu compte qu’on partageait un intérêt commun pour les scènes électroniques latinoaméricaines, la slowtechno/ketapop.

Et, surtout, l’expérimentation, l’hybridation et l’éclectisme

Curuba, banane grimpante graines de Passiflora mollissima

On a aussi remarqué qu’on avait une approche similaire de la fête. Ils ont ensuite été rejoint.e.s par Hugo, qui a posé les bases de l’univers visuel. Jean, Leandro, rencontré au détour d’un festival en Belgique, et Marjo via un collectif brésilien. Curuba c’est le nom d’un fruit, à la base on cherchait vraiment à donner le nom d’un fruit. On ne sait plus trop pourquoi si ce n’est le côté coloré et l’imaginaire synesthésique. Après faut dire que c’est un fruit assez stylé, et ses fleurs sont magnifiques. Il y a aussi le côté lianes qui grimpent partout.

LOFI | De la production, édition à la diffusion, promotion, comment fonctionne Curuba ?

Jusqu’en 2019, on s’est majoritairement consacré à l’organisation d’événements festifs pluridisciplinaires, et à se produire en tant que collectif sur des événements et des festivals. On a depuis le début une activité de label, c’est d’ailleurs un peu la raison première de la création du collectif. Depuis les restrictions liées à la crise sanitaire, l’absence d’événements nous a donné davantage envie de développer la partie label. Le passage au physique est un peu un marqueur de cette envie, le fait de ralentir le rythme des sorties pour plus les bosser. L’organisation est mouvante et se fait en fonction du projet.

Pour Trance & Illusion, pour la première fois, on s’est surtout organisés à 3. Avec Alexis à la partie Mastering et distribution, Marjorie à la coordination et à la communication avec Yann, qui a aussi géré la direction artistique. Mais globalement, jusque là tout le monde a déjà touché plus ou moins à tout. Que ce soit dans la partie label ou évènementielle. On essaye de partager nos connaissances et d’être polyvalents, donc on met tous la main à la patte là où il y a besoin.

On s’occupe aussi collectivement de notre série de podcasts (M)ondes Sonores, à laquelle on est très attaché.e.s. Et qui représente assez bien ce qu’on aime dans la musique. Pour cela, c’est Leandro qui s’occupe de la création des visus. Pour les valeurs, disons qu’on aime bien proposer un univers qui dépasse le cadre strict de la musique, que ce soit avec (M)ondes Sonores ou les sorties du label. On fait les choses pour nous et parce qu’on les aime avant tout, ça nous permet d’expérimenter.

Si vous pouviez vous décrire en 3-4 mots, ce serait ?

Hybride, multicolore, onirique.

Vos plus grands plaisir de bosser à Curuba, en tant que label, et quels sont les défis quotidiens que vous rencontrez souvent ?

Les plus grands plaisirs, c’est ces moments de communion ensemble. Quand on fait de la musique ou on en écoute ensemble, que ce soit entre nous ou en public. Les moments de spontanéité aussi, quand on fait participer les gens à la musique en live. Et puis surtout la sensation d’avancer ensemble vers un projet commun. Et de voir ce projet grandir emprunt de nos sensibilités respectives. En ce moment, le défi c’est de réussir à s’organiser, avec toutes les limitations et les galères liées aux restrictions qui nous sont imposées. Et aussi, de se projeter, principalement pour les projets liés à la scène. Dur de prévoir cet été quand les conditions sont si opaques.

Influences musicales

On a des influences assez large : de l’ambient au downtempo. En passant par le trip hop, les musiques afro latines, le krautrock, la bass music, le dub… Mais aussi des sons rave chelous, breakés et autres bruits bizarres. Tout ce qui nous titille l’oreille ! C’est justement la variété et les possibilités de combinaisons entre tous ces styles qui nous intéresse.

Et le fait de varier les palettes : tantôt sombre et introspectif, tantôt solaire et explosif, alterner entre métallique et organique…

Les artistes de Curuba

Yann dit Le Frit : serial breakeur sévissant dans les caves de la capitale. Tendre à l’extérieur, croquant à l’intérieur. C’est également la moitié du duo Psycho Tropiques.

Vincent aka Ditti : Croquant et sucré, rayonnant et inarrêtable. Il fait également partie du projet en duo Anka Foh sorti sur Shika Shika cette année.

Alexis aka Alon.e : “La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses”, elle permet à notre solitaire érudit de produire et masteriser des tracks où le snare est justement dosé. L’autre moitié du duo Psycho Tropiques.

Valentin dit DÖM : ambient electronic kid expatrié puis rapatrié, il est comme l’air, omniprésent. Magicien du synthé.

Jean aka Arcêka: le lion des platines, la légende raconte qu’il s’est enfui sur une île déserte non loin du 75.

Marjo la terreur d’eau douce ou H2O : pirate analogique qui vogue sur des océans de reverb distordue.

Lele aka Nunsense: le sage de l’ombre, le sheitan tout sage. Le scientifique du groupe, qui a toujours les mots justes. Théoricien du “lent et lourd”©, spécialiste des sets sombres, ralentis et progressifs.

Deux releases qui font la fierté du label Curuba

Je pense que la compilation Héliotropisme a été une étape super importante pour nous, c’est une compilation en deux parties qui regroupe presque tous les artistes qu’on a invité en 2018, au cours de notre série d’événements éponymes. Ça raconte beaucoup d’histoires, de rencontres, d’anecdotes et d’amitiés, et c’est un beau panorama de la scène dans laquelle on a un peu grandi et qui nous a beaucoup inspiré. Il y a des artistes d’Amérique du sud, de Berlin, de Turquie, de Toulouse… Et surtout, l’ensemble a été sublimé par la magnifique illustration de Lua Kali.

Et évidemment, la sortie d’H2O et GATS, la dernière. C’est un petit cap pour nous de passer au physique, et on a voulu essayer de vraiment créer un univers visuel qui vienne vraiment compléter le son. On est aussi très heureux de la manière dont les remixs font écho aux morceaux originaux. On est vraiment tombés amoureux du travail de Vicss (l’illustrateur). On a aussi essayé aussi de peaufiner plus la sortie, sa distribution, etc.

Le futur du label, avec la crise du COVID-19

La crise apporte son lot de remises en question mais ça a aussi permis au crew de se retrouver. On faisait beaucoup d’évents avant et ça nous prenait du temps.

Depuis l’année dernière on a eu le temps de se poser et réfléchir ensemble à ce qui importait vraiment. Par exemple, le collectif, le faire-ensemble et la valeur que chacun apporte au groupe est essentielle pour nous.

On a repensé l’organisation de l’asso et on aimerait désormais s’engager sur moins de projets pour les faire mieux. De belles surprises devraient voir le jour prochainement.

Quoi qu’il arrive on a jamais vraiment cessé notre activité, on s’est juste branché à une fréquence plus souterraine. Soumsoum style !

Pour suivre l’actualité du label, c’est ici.

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